Histoire d’Ingrandes et du Fresne

Ce récit, écrit par l’association, retrace l’histoire de la commune, des origines géologiques à la fusion d’Ingrandes et du Fresne en 2016.

Des origines à la fusion

Ingrandes-Le Fresne se situe sur un éperon rocheux appelé « poudingue d’Ingrandes », formé de galets roulés au fond d’un lac il y a un demi-milliard d’années. Puis notre région fut envahie par la mer ; seuls quelques îlots demeurèrent. Les hommes de la préhistoire ont apprécié ces hauteurs et les rives nord du fleuve, comme en témoignent certains vestiges.

Vers six cents ans avant J.-C. arrivèrent les premiers Celtes, et différentes tribus s’installèrent dans la région, puis, vers soixante-dix ans avant J.-C., les Romains. Au IXe siècle, les Normands pillèrent et massacrèrent les gens de la région. Incapable de les combattre, Charles le Chauve essaya de les soudoyer afin qu’ils partent : certains partirent, d’autres restèrent.

En 851, Erispoé, fils du duc de Bretagne Nominoé, signe avec Charles le Chauve un traité qui définit les limites entre le duché et le royaume, comme en témoigne « la Pierre de Bretagne », limite qui semble avoir été auparavant une frontière entre tribus celtes. Au XIe siècle, les ducs de Bretagne élevèrent une forteresse, sans doute au lieu-dit « la Bastille », et la justice était rendue à côté, à « l’Audience ».

À partir des XIe et XIIe siècles, des édifices furent construits : ponts, châteaux et postes de péage. Le château d’Ingrandes, destiné à protéger tout ce commerce, fut brûlé par les Anglais en 1409 ; reconstruit, il fut de nouveau détruit par les gens au service du roi Louis XI. Le Fresne, qui faisait alors partie de Montrelais, fut rattaché à Ingrandes, puis séparé pendant la Révolution.

C’est vers 1785 que commencèrent de grands travaux, comme la construction des levées, qui permettaient de mettre en valeur de nouvelles terres mais occasionnèrent des inondations. C’est pour cela que les rues d’Ingrandes-Le Fresne furent rehaussées et que des murs furent érigés côté Loire.

Au début de la Révolution, les gens d’Ingrandes-Le Fresne furent favorables aux idées nouvelles, mais déchantèrent rapidement. Les guerres extérieures obligèrent au rationnement et les réquisitions furent sévères. Le choix imposé au clergé et l’enrôlement militaire obligatoire déclenchèrent des révoltes spontanées dans toute la France, si durement réprimées dans notre région qu’elles provoquèrent les guerres de Vendée. Notre village vit passer plusieurs fois les armées vendéennes, d’abord victorieuses, puis définitivement vaincues. La répression fut terrible. La chouannerie bretonne prit le relais de l’armée vendéenne et continua la lutte sous forme de guérilla jusqu’au milieu du XIXe siècle. Durant cette période, plusieurs découpages furent proposés, et la rue du Fresne (jusqu’à la Bastille) fut rattachée à Ingrandes jusqu’en 1797.

Après la Révolution, la rue du Fresne obtint le pouvoir de gérer l’état civil. Montrelais restant la paroisse, les cérémonies religieuses, qui se déroulaient loin, n’étaient pas pratiques, et le besoin d’une nouvelle église se fit sentir. Mais comme cette construction semblait entraîner la création d’une nouvelle commune, une forte opposition se manifesta au sein du conseil municipal de Montrelais. Finalement, la construction de l’église fut décidée en 1842, suivie de celle d’un nouveau cimetière en 1843. Vers 1848, la tranchée du chemin de fer fut commencée, et en 1867 la construction du pont suspendu.

Avant le chemin de fer, les principales activités étaient liées au commerce fluvial : le sel, les vins, la chaux et le charbon employaient beaucoup de main-d’œuvre. C’est par décret du 13 décembre 1903 que Le Fresne devint une commune à part entière.

Durant les deux guerres, la population masculine fut mobilisée. Pendant la guerre de 1939-1945, le pont fut saboté puis bombardé, et avec lui l’église d’Ingrandes et des maisons du centre-bourg. Un convoi allemand fut attaqué dans la tranchée du chemin de fer par l’aviation alliée.

Après la Seconde Guerre mondiale, de nombreux travaux furent entrepris. En 1973, à la suite du refus du conseil municipal du Fresne d’une fusion avec Ingrandes, fut créé le SIVOM, syndicat intercommunal qui regroupait les pompiers, les sports, les divers réseaux et, dans un premier temps, les ordures ménagères. En 2015, à la suite d’incitations gouvernementales, les deux communes rédigèrent une charte de fusion ; les deux conseils municipaux votèrent favorablement et simultanément cette union, qui prit effet le 1er janvier 2016. La partie fresnoise changea alors de département et la nouvelle commune adhéra à la communauté de communes du Pays d’Ancenis.

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